galerie octObre art contemporain

419 / Histoires de plantes /

6 Octobre 2005, 22:00pm

Publié par galerie octObre

Sculptures de Emmanuel Jalès

Du 7 septembre au 7 octobre 2005

 

 

Film octObre #5 /Histoires de plantes/

 

Pour cette exposition /HISTOIRES DE PLANTES/ (catalogue de l'exposition).
nous avons installé trois sculptures de Emmanuel Jalès :
"Paysage en assemblée", "Substance 1" et "Substance 2".

 


1/ "Paysage en assemblée"

"Paysage en assemblée", 101 sculptures en terre et résine.

 

101 têtes, face à la rue. En escalier. Elles sont toutes différentes. Mais se ressemblent.
Résine, terres rouge et blanche, forment sur les cranes des entrelacs de mémoire ; le mélange des terres dans la masse crée un réseau de capillaires et de douceur.

La dissymétrie des figures crée une dynamique. On a envie de tourner autour.

Quand on arrive de l'autre côte : un coup de lumière : les autres profils sont lisses, dorés.
Et de les regarder de près, on voit que tous disent quelque chose, aussi, de l'homme.
Non pas de ses profondeurs extimes ou intimes, mais de ce qu'il en a fait. Dans une grande dignité, comme une fierté humble, chacun dit ce qu'il est est : je suis jeune, je suis vieux, je suis naïf, je suis Rimbaud, je suis buté mais j'apprendrai, je ricane, je pleure, j'aime. 101 fois. 101 têtes qui offrent tout de leurs pulsions et de leur construction au fil de la vie. Jusqu'à tout de suite. Qui donnent tout au passant accroché, sans y toucher.

 

Au début de l'exposition, un enfant est entré dans la galerie ; est allé s'accroupir devant la sculpture "Substance 1" et ses rondeurs roses ; est repassé devant le "Paysage en assemblée", du côté des profils assemblés en paysage, et m'a demandé "Ce sont des têtes de mort ?", comme pour s'assurer de ce qu'on lui montrait.
Sa mère, réticente à entrer, encore sur le pas de la porte, s'est approché et lui a montré les racines, les coraux, les calcaires, les coquillages en colonies, les laves, les scarifications d'un autre age, les aboiements de la matière en fusion, les noeuds, les éclatements, la mémoire des profondeurs du genre humain...

 

 

2/ Substance 1

Pour Emmanuel Jalès, c'est une forêt. Une forêt sans les mots pour la dire.                                                                                                                         

Qu'elle soit végétale ou animale, pour Spinoza la substance était la même.

"Substance 1" est une forêt de substance spinozienne. Elle est rose. De plastiques roses et blancs mélangés. La multitude des éléments qui la composent en sont tous à leur stade propre d'évolution : des petits, juste nés, des grands et forts à la minuscule structure d'acier, des qui vont bientôt tomber.  Certains des visiteurs y voient des coquillages, des plantes exotiques, des figures des tableaux de Jérôme Bosch, des organes humains, cœurs ou boyaux, des aortes d'où jaillirait le sang, d'où jaillirait la vie. Certains y entendent le bouillonnement de la vie des origines. L’œil s'interroge et passe d'un élément bombé à l'autre : on surfe sur la signification, on se laisse aller à la douceur ; on est libre.

 

 

3/ Substance 2

"Substance 2", encore un processus du vivant.

Les petits éléments de plastique blanc farcis de boules modelées de couleurs pastel, au sol, ont fait le grand saut et s'éloignent de la colonne matrice penchée. L'architecture de la matrice est lumineuse : tout en douceur et en vérité. Elle se tient. Elle pourrait être énorme. Elle est une figure du travail d'Emmanuel Jalès : la sculpture respire et grandit, garde la lumière, s'accomplit.