galerie octObre art contemporain

314 / Repérage /

27 Octobre 2004, 06:45am

Publié par galerie octObre

Photographies de Jean-Luc Paillé

Du 27 octobre au 20 novembre 2004, du mardi au samedi de 15 h à 19 h.

 

Film octObre pour l'expo /Repérage/


 

/Vers l'évaluation, texte n°4 (novembre 2004)/ :

Dans les photographies de Jean-Luc Paillé, c'est le temps que j'avais compris. En quatre clics ou un balayage, le temps de la prise de vue venait informer le temps de mon regard sur les séries "Mouvements Rayonnants" et "Jonctions Visuelles".

Le temps était à l'oeuvre. Et sans doute c'est de lui que devait venir mon émotion, comme à la croisée des chemins la sensation que du temps me sépare de l'autre que je rejoins.

 

Mais si Jean-Luc Paillé met en scène du temps c'est qu'il est un "dévoreur d'espace".

 

C'est l'espace que le photographe avale et nous met sous la dent. Avec le temps comme sel et poivre, il nous incite à mâcher et à intégrer l'espace de la roue qui tourne ou le paysage forcément borné de notre perception du monde. A la jonction de deux voies, de deux directions, d'allers et venues possibles, envisageables, à la croisée des chemins du ciel et de la terre et dans le quart de tour de la roue du vélo, c'est notre être-là, notre étant, que le photographe Jean-Luc Paillé touche et questionne. Qui sommes-nous ? De qui sommes-nous faits ? Où allons-nous ?

Et si l'espace fragmenté par le temps de la prise de vues est si organique c'est que, dans ces photos, on nous parle autant de vie que de mort, autant de plaisir à avancer dans l'action et le mouvement que de la décomposition des corps. L'important c'est qu'on se sent drôlement vivants en regardant ces photos de Jean-Luc Paillé, et même vivants à nouveau : le photographe nous offre de revivre ces moments d'émotion, avec espoir et désespoir mêlés, qui ont fondé les bornes de notre sensibilité.

 

              

      

Photos de l'installation (VictorH)
 
 
 

Texte n° 2, fin septembre 2004 (avant l'installation) :

Jean-Luc Paillé écrit très bien (*) sur l'émotion que lui donne le fait de photographier, et cela éclaire l'émotion que nous ressentons en regardant son oeuvre. Jean-Luc est ému par le territoire, le rapport en mouvement au territoire, la fragmentation du temps de ce mouvement qui rend encore plus sensuel le frôlement à la terre. Nous nous réjouissons d'installer bientôt ces magnifiques photographies qui viennent effleurer notre mémoire, la matière de notre sensiblité.

http://www.artatum.net et http://www.toutnancy.com

 

Texte n°3, fin octobre 2004 (après l'installation) :

Une petite route de campagne. Un mouvement dans le fossé. Un clapotis de lumière, un froissement de feuilles ou un frémissement d'herbe. La vue immuable d'un abreuvoir ; la clôture du pré. Une borne. Une voiture qui file, ou un vélo. Déjà passé.
 

Ces photographies de Jean-Luc Paillé nous donnent à vivre, à revivre, ces petits morceaux d'éternité. L'asphalte est mouillée, ou sèche, sombre, illuminée. L'abreuvoir a été happé par le temps. Seul reste tangible le bruit de la roue du vélo et le mouvement qui dure parce que sans cesse reconduit, réappris, répété. C'est la rencontre du temps qui passe et du temps à nouveau. La borne et la roue de vélo tiennent le compte, en noir et blanc, de la marche inexorable du temps dans l'espace.

Ces photos avec bornes et roues de vélo marquent la jonction entre maintenant et jamais.

 

Texte n° 5, le 6 novembre 2004 (le jour du vernissage) :

À octObre, les photos de Jean-Luc Paillé ont servi de révélateur. Le temps, que le photographe introduit dans ses photos, résonne. Les photos de Jean-Luc Paillé nous éclairent sur notre époque, sur notre façon de voir aujourd'hui. Ce qu'il nous montre, accompli, c'est le temps vers un nouvel espace.
 

Avec ces bornes aux jonctions des routes de campagne, avec la fuite des rayons de la roue de vélo, c'est à une nouvelle cartographie du regard que nous sommes conviés : les nouvelles conquêtes à faire sont à nos pieds, dans le bruissement du brin d'herbe, dans le temps qu'on met à l'écouter.
 

Cette exposition s'appelle /Repérage/. A la galerie octObre, avec son Belvédère : 17 photos de Jean-Luc Paillé, pour voir comment voir le monde.

 

Texte n° 6, samedi 20 novembre (fin de l'exposition).

A la jonction de deux voies, de deux directions, d'allers et venues possibles, envisageables.  À la croisée des chemins du ciel et de la terre et dans le quart de tour de la roue du vélo. C'est notre être là, notre étant, que le photographe Jean-Luc Paillé touche et questionne.

Voir comment voir le monde aujourd'hui et passer, dépasser, le miroir.

Goûter le monde de tout notre corps, le contempler.

 

Jean-Luc Paillé était présent à la galerie octObre le samedi 20 novembre 2004, dernier jour de l'exposition /Repérage/.