galerie octObre art contemporain

Nuit Blanche 2005

1 Octobre 2005, 23:00pm

Publié par galerie octObre

galerie octObre
24, rue René Boulanger
75010 Paris métro République
www.octobre.org 06 08 05 34 06

2 octobre 2005, 1 h du matin.


L'effet esthétique de la Nuit Blanche va perdurer en ville encore quelques temps...
Le panneau publicitaire ou l'espace de location des vélos de la Ratp,
la bouche de métro,
les deux personnes attendant le défilé, serrées à leur fenêtre sans lumière sur le Boulevard de Belleville ...
chaque élément de l'urbanité sera encore un temps
informé,
perturbé,
saturé par l'effet de la Nuit blanche.
Puis nous accommoderons notre perception esthétique exacerbée aux fonctions du quotidien...

Encore quelques jours avant que ne s'estompent la déconstruction et la reconstruction de la ville comme oeuvre dans notre imaginaire, nos rêves, notre faire...
Avant que ne disparaisse le bénéfice de l'effet Nuit Blanche sur notre compréhension de la sensation esthétique et de ce qu'est une oeuvre d'art...


L'art c'est le faire de l'artiste et c'est ce qui transcende la matérialité de l'oeuvre.
Le regard du récepteur met en place l'espace entre la matérialité de l'oeuvre et l'immatériel de l'art.
C'est la relation à l'oeuvre, les récits conscients ou émotionnels générés en nous par l'oeuvre et que nous générons à l'oeuvre, qui créent cet immatériel de l'art : les différents niveaux de sens, d'émotion, différents pour chacun et nombreux en chacun, ouverts par la relation esthétique.
C'est cet espace de l'art à l'oeuvre, de l'art qui oeuvre, que mettait en scène Jean Blaise samedi soir. Merci l'artiste. Avec humilité, me semble-t-il, vous avez cadré l'oeuvre pour y faire mieux chanter le hasard, pour y faire mieux marcher, entrer, les récepteurs-promeneurs d'un soir.
Paris et ses parisiens ont travaillé à l'échelle de la distance à l'art et chaque artiste invité a travaillé à l'échelle de son savoir faire de l'art.
C'est une expérience esthétique et cognitive (et festive) que nous avons vécu. Ce travail et son intelligence nous encouragent, à la galerie octObre, à continuer le combat : pour des démarches et des oeuvres installées à la distance nécessaire à la relation à l'autre, pour que de l'autre s'empare de l'oeuvre et qu'alors l'art s'empare de nous.
Pour que notre expérience esthétique transforme la matérialité de l'oeuvre, de la ville, du monde.

Colette Holl